BIOGRAPHIE
Sabine Giovannetti est née en 1973. D'origine corse, elle vit à Paris.
Elle commence à peindre dès quatorze ans. Elle poursuit ses études jusqu'au baccalauréat et suit des cours de peinture
pendant six ans avec Dominique Chauveau. Sa peinture est alors aux confins du figuratif et de l'abstrait,
on pourrait parler de « défiguration ».
La liberté et le foisonnement picturaux de Pablo Picasso, particulièrement la période cubiste dont elle s'imprègne, l'incitent
à chercher et à repousser toujours ses limites. Sa peinture porte la marque de ses origines méditerranéennes. Elle travaille le corps,
le sonde, le déconstruit, le fouille, cherche à laisser passer l'expression intérieure, à sculpter le mouvement, à libérer l'émotion.
Francis Bacon et Nicolas De Staël sont pour elle deux peintres essentiels.
Durant ces six années, elle participe à de nombreuses expositions collectives à Paris.
En 1998, grâce à une rencontre importante, elle réalise sa première exposition personnelle à Liège, en Belgique :
« Têtes de corps et autres morceaux ». Pendant cette période se ressent une grande violence, dans les traits comme dans la matière,
qui ne laisse pas indemne. Depuis, son travail a évolué et elle expose régulièrement en Belgique.
Les échanges avec la lumière du nord, la rencontre avec des artistes d'univers très différents, ont donné à son travail
un souffle nouveau et lui ont ouvert d'autres horizons. Elle s'intéresse également à des peintres comme Zao Wou-ki,
Sanyu, mais aussi Rebeyrolle, Zoran Music, Baselitz. Sa recherche est toujours une déconstruction pour aller
au delà de ce qu'elle voit mais la violence excessive a laissé place à une quête d'épurement. Un épurement qui suggère plus qu'il ne dénonce,
parle plus qu'il ne crie, enfin se tait jusqu'au silence qui plonge dans d'infinis paysages intérieurs.La thématique de l'exposition "la Grâce barbare"
en 2005, marquait une étape en ce sens et un étirement de sa peinture dans toute l'horizontalité de la toile.
Au fil des années, une narration plus laconique a effacé la notion de temps pour laisser libre cours à la voix de la matière
picturale, qui peut passer sans heurt, sans rupture ni fracas de l'intérieur vers l'extérieur.
L'exposition "Chevelure désentravée" en mai 2007 manifestait déjà un véritable affranchissement de la thématique et
de la matière picturale. L'écriture et la gestuelle avaient trouvé un rythme plus serein. Des espaces vides et clos dialoguaient
avec des surfaces pleines et dégagées ("Noir sur blanc"),2008.
Par la suite, l'écriture de Sabine Giovannetti s'est coulée dans une matière plus fluide, elle s'est développée entre autres vers le trait,
le point et la coulure. Sa gestuelle s'est diversifiée et s'est faite plus ample. Quant aux rythmes, plus décidés,
ils donnent une plus grande cohésion à l'ensemble de l'oeuvre où l'abstraction l'emporte sans pourtant renoncer à ses racines primitives.
SABINE GIOVANNETTI